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Docum. Lab. Géol. Lyon, HS n° 5

 

Groupe français d'Étude du Jurassique (1980) -
Synthèse paléogéographique du Jurassique français.
210 p., 1 fig., 3 tabl., 42 cartes.

Avant-propos

Cette synthèse paléogéographique du Jurassique français est l'aboutissement d'un projet conçu dès la formation du Groupe en 1968. L'idée en fut lancée dès sa première réunion par Monsieur P. L. Maubeuge. Les premières maquettes pour le Sinémurien et l'Aalénien étaient présentées en 1972 mais c'est seulement en 1975 que le projet démarrait réellement.

Au fil des ans, le projet, assez vague à ses débuts, a muri au contact des difficultés rencontrées. Toutes n'ont pas été vaincues et beaucoup ne pouvaient l'être en l'état actuel des connaissances. Tel qu'il se présente, et malgré la marque propre à chaque coordonnateur ou groupe de travail attaché à une carte ou à un étage, il traduit une doctrine commune à tous ceux qui ont pris une part active au projet. Cette doctrine commune s'est édifiée autour de trois axes directeurs majeurs.

Le premier axe est la priorité accordée à l'impératif chronologique. Ainsi, la première réalisation du Groupe "les zones du Jurassique en France", destinée aux non-spécialistes, souvent déroutés par les nombreuses zones et zonations existantes et tentés de se rabattre sur des zones classiques mais périmées (cf. fameuse zone à Per. Achilles), préparait directement la synthèse paléogéographique présentée ici.

Cette synthèse est aussi l'aboutissement des travaux et recherches de stratigraphie réalisés au cours des 15 ou 20 dernières années sur les séries jurassiques à l'affleurement, pourtant réputées bien connues. Ces mises à jour régionales, bien situées dans une chronologie de référence qu'elles ont contribué à perfectionner, sont l'armature solide autour de laquelle sont construites les cartes de faciès.

Dans ce domaine, le raccord entre les affleurements et les données des forages a constitué la principale difficulté rencontrée et c'est là que se situe la plupart des problèmes non résolus signalés dans les commentaires des cartes. La cause n'est pas seulement le rattachement à une chronologie insuffisante ou périmée des zones affleurantes prises comme référence, mais surtout à la distance qui sépare les informations sur les séries traversées en forage (surtout quand elles n'étaient pas les objectifs recherchés) et celles dont nous disposons maintenant pour les séries étudiées à l'affleurement.

Le deuxième axe a été la réalisation d'un nombre de cartes suffisant pour éviter "l'effet de masque" qu'introduisent des divisions trop larges. Seul l'enchaînement des cartes successives pour des tranches de temps rapprochées peut faire ressortir l'évolution des domaines de sédimentation.

Outre le bon enchaînement des paléogéographies ainsi obtenu, une chronologie fine diminue, sans la faire disparaître totalement, la difficulté d'avoir à représenter sur une surface plane une tranche de temps et de sédiments et ses variations à la fois verticales et horizontales. Les cartes présentées sont notre réponse à ce problème. Et c'est délibérément que nous avons choisi de ne pas nous limiter à des périodes dites sensibles considérées arbitrairement comme significatives.

Cette recherche a ses propres limites : la fiabilité des corrélations en deçà d'un certain intervalle de temps. Pour le Jurassique français, les insuffisances de la chronologie, non seulement en forage, mais aussi pour certaines zones affleurantes, ne permettent pas d'aller raisonnablement au-delà des 22 cartes présentées. Avec 11 étages et plus de 60 zones, la moyenne est de 2 cartes par étage ou une carte pour 3 zones soit une carte pour 1 à 1,5 Ma.

Ces cartes correspondent à des ensembles aussi isochrones que possible, dans la limite des corrélations réalisables, mais ne sont pas nécessairement définies à partir des divisions de l'étage en sous-étages, zones ou groupes de zones. Ce sont des intervalles compris entre des repères (discontinuités, changements lithologiques majeurs...) marquant des modifications importantes de la paléogéographie reconnaissables sur de vastes étendues.

Enfin, le troisième axe a été la volonté de réaliser d'abord des cartes de faciès et de bien séparer "cartes de faciès" et "cartes interprétatives". Plutôt que de vouloir appliquer systématiquement pour chaque carte et la période qu'elle représente, un modèle théorique plus ou moins adapté, nous nous sommes attachés d'abord à la représentation des objets géologiques.

Nous présentons également des cartes interprétatives, ne serait-ce que parce qu'elle découlent directement des cartes de faciès et parce qu'il nous appartenait de tirer parti du travail de fond, mais nous ne les considérons pas comme l'apport le plus important de la synthèse présentée.

Suivant cette doctrine, la synthèse paléogéographique du Jurassique français est une oeuvre collective qui réunit dans une même chronologie les résultats les plus récents acquis sur les zones à l'affleurement et les données de subsurface, souvent réinterprétées, pour l'ensemble du Jurassique de France et de quelques régions voisines (Luxembourg, Pyrénées espagnoles...).

Le rapprochement et l'effort pour coordonner des données acquises dans des régions variées, souvent de façon indépendante ou par des voies et des méthodes différentes, conduisent à une vision nouvelle des domaines de sédimentation jurassiques, souvent assez différente de celle que nous impose la disposition actuelle des grands bassins sédimentaires, par exemple pour le Bassin de Paris ou l'extension des mers jurassiques sur un Massif central presque inexistant à cette époque.

L'enchaînement des cartes successives pour des tranches de temps rapprochées fait ressortir l'évolution de ces domaines de sédimentation jurassiques : succession de phases de subsidence tantôt continue, tantôt interrompue par des périodes de lacunes plus ou moins généralisées et, surtout, subsidence différentielle qui montre à travers les âges la constance des traits structuraux encore visibles actuellement.

Cette mise au point de nos connaissances met aussi en pleine lumière les difficultés ou les incertitudes de certaines corrélations ou interprétations, ainsi que la nécessité de recherches ultérieures et l'orientation qu'il conviendrait de leur donner.

 

Sommaire

Avant-propos
Introduction

Étages et zones d'ammonites

Jurassique inférieur ou Lias
. Hettangien (coord. : R. Mouterde)
. Sinémurien inférieur (coord. : R. Mouterde)
. Sinémurien supérieur ou Lotharingien (coord. : R. Mouterde)
. Pliensbachien inférieur - sous-étage Carixien (coord. : A. Lefavrais-Raymond)
. Pliensbachien supérieur - sous-étage Domérien (coord. : A. Lefavrais-Raymond)
. Toarcien (coord. : J. Gabilly et R. Mouterde)
. Évolution paléogéographique du Lias (coord. : R. Mouterde)

Jurassique moyen
. Aalénien (coord. : D. Contini)
. Bajocien inférieur et moyen (coord. : D. Contini)
. Bajocien supérieur (coord. : D. Contini)
. Bathonien inférieur et moyen (coord. : C. Mangold)
. Bathonien supérieur (coord. : C. Mangold)
. Bathonien terminal - Callovien inférieur p. p. (coord. : J. Thierry)
. Callovien moyen (coord. : J. Thierry)
. Callovien supérieur (coord. : J. Thierry)
. Évolution paléogéographique du Jurassique moyen (coord. : D. Contini et C. Mangold)

Jurassique supérieur
. Oxfordien inférieur et moyen (pars) (coord. : R. Enay)
. Oxfordien moyen (coord. : R. Enay)
. Oxfordien supérieur (pars) (coord. : R. Enay)
. Kimméridgien inférieur (et Oxfordien terminal) (coord. : R. Enay)
. Kimméridgien supérieur (coord. : R. Enay)
. Portlandien inférieur (coord. : P. Donze)
. Portlandien supérieur (coord. : P. Donze)
. Évolution paléogéographique du Jurassique supérieur (coord. : R. Enay)

Conclusion
Sélection bibliographique
Liste des cartes