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Doc. Lab. Géol. Lyon, n° 153

 

A.M.F. VALLI (2001) - Le gisement villafranchien
moyen de Saint-Vallier (Drôme) : nouvelles données
paléontologiques (Cervidae, Bovinae) et taphonomiques.
275 p., 108 fig., 160 tabl., 14 pl.

Résumé

Mots-clés : Cervidae, Bovinae, taphonomie, profils de mortalité, Villafranchien moyen, Saint-Vallier.

Les nouvelles fouilles (1993-1999) du gisement paléontologique de Saint-Vallier (Drôme), référentiel biostratigraphique international pour le Villafranchien moyen, ont mis en évidence deux couches fossilifères, séparées par deux mètres environ de terrain stérile. LD3 est la plus riche en restes, ayant livré plus de 3 000 pièces. LD2 est la plus ancienne ; nous y avons recueilli environ 250 pièces.

LD3 a livré une riche collection de vertébrés fossiles, notamment de Cervidés (environ 60% des vestiges identifiables). Les trois espèces reconnues précédemment ont été retrouvées, avec les sous-espèces qui y ont été définies : “Cervusphilisi valliensis, Croizetoceros ramosus medius, Eucladoceros ctenoides vireti. Elles ont été étudiées des points de vue morphologique et biométrique. Pour les deux espèces les plus petites, “C.philisi et C. ramosus, le meilleur critère de différentiation des os post-crâniens reste la taille. Par comparaison avec des espèces récentes, il semble bien que “C.” philisi fasse partie de la lignée évolutive aboutissant aux Daims actuels ; le Chital des Indes (Axis axis) pourrait, lui aussi, avoir des liens de parenté avec l’espèce villafranchienne.

Leptobos elatus merlai est le seul Boviné connu à Saint-Vallier : ses restes sont présents dans les deux niveaux fossilifères. Comme pour les Cervidés, les ossements provenant de la couche inférieure sont très proches de ceux de la couche supérieure, aussi bien en taille qu’en morphologie. En revanche, le Cheval, relativement abondant tant dans LD3 que dans LD2, présente des différences importantes notamment au niveau de la taille et des proportions des os des membres.

L’étude taphonomique constitue une nouveauté pour le site : elle permet d’affirmer que les lentilles fossilifères se sont formées par action de l’eau, qui a entraîné les restes dans des lieux plus propices à leur accumulation. L’examen des traces d’altération sur les os est en accord avec un recouvrement rapide par les sédiments, alors que les empreintes dues aux Carnivores, tout comme la fragmentation osseuse, permettent d’exclure un rôle actif de ces animaux dans la formation des amas osseux. La formation par épigénie carbonatée des bancs durcis, dans lesquels sont pris les restes, a favorisé la conservation des fossiles.

L’étude des populations, faite à l’aide de diagrammes d’âge, a montré des différences entre les profils de mortalité des deux espèces les plus abondantes du site, “C.philisi et C. ramosus, bien que leurs causes de mortalité aient été interprétées comme attritionnelles (prédation, vieillesse, maladie). Ces différences nous ont suggéré que les deux taxons pourraient s’être partagé le milieu pour éviter une compétition directe : “C.philisi était plutôt forestier, alors que C. ramosus fréquentait des milieux plus ouverts que ceux recherchés par l’espèce précédente.

Enfin, aucune trace d’Hominidé (ossements ou présence d’industrie) ni d’activité humaine n’a été trouvée ; la présence de l’Homme n’est pas, non plus, nécessaire pour expliquer les accumulations ou les traces sur les os.

 

Abstract

Key words : Cervidae, Bovinae, taphonomy, mortality profiles, Mid-Villafranchian, Saint-Vallier.

New escavations were carried out from 1993 to 1999 in the palaeontological site of Saint-Vallier (Drôme, France), used as an international standard for the Mid-Villafranchian age. They let us to discover two fossiliferous layers (LD3, LD2), separated by 2 meters of non fossiliferous sediment. LD3 yielded more than 3 000 fossils remains and LD2, below it, about 250 bones.

LD3 yielded a large number of fossil vertebrates, especially Deers accounting for almost 60% of the identifiable remains. Three previously established subspecies were found, namely, “Cervusphilisi valliensis, Croizetoceros ramosus medius and Eucladoceros ctenoides vireti. All three were originally defined from Saint-Vallier. Their biometry and morphology are studied. The postcranial bones of the two smaller species, “C.philisi and C. ramosus, differ mainly by their overall size. A comparison with some recent taxa, indicates that “C.philisi may be a relative of the recent Fallow Deer. The Indian Chital (Axis axis) may also derive from the Villafranchian species.

Leptobos elatus merlai is the only Bovinae of the site : we have found remains in the two fossil levels. Leptobos and Deer bones from these two layers are very similar, either in size or morphology. By contrast, Horses are abundant in the two layers, and show differences of size and long bone proportions.

A taphonomic study was carried out for the first time. Such a study clearly demonstrates that fossils were accumulated by water action. Fossils were transported to places where accumulation was more favourable. Bone weathering agree with a quick burial of the fossils. Quality and quantity of Carnivores marks, like bone fragmentation, allow me to point out that the Carnivores did not play an active role in bone accumulation.

Then, the formation of carbonated layers most probably influences fossil preservation.

Mortality profiles of “C.philisi and C. ramosus populations both clearly show attritional patterns (hunting, disease, natural death), but some differences also appear which I interpret by the fact that Deers possibly inhabited different environments : “C.philisi in woodlands, C. ramosus in more open landscapes in order to avoide competition.

There is no indication for the presence of Human tracks (human tool, bone or any kind of activity) in the Villafranchian levels : Human presence is not necessary to explain fossil accumulation and marks on bones.

 

Sommaire

Première partie - Le gisement de Montrebut à Saint-Vallier (Drôme)
1 - Introduction
1.1 - Situation
1.2 - Historique
1.3 - Datation
1.4 - Saint-Vallier, référence biostratigraphique internationale
1.5 - Les nouvelles recherches
2 - Contexte géologique et localisation des fossiles
2.1 - Stratigraphie du site
2.2 - La formation du dépôt sédimentaire
2.3 - Localisation des lentilles fossilifères
2.4 - La séparation chronologique des fossiles de LD2 et de LD3
2.5 - Autres loess à bancs durcis renfermant des Mammifères

Deuxième partie - Taxonomie
Liste des abréviations utilisées
3 - Paléontologie des Ruminants (Cervidae et Bovinae)
3.1 - Taxons étudiés
3.2 - Méthode de travail
3.3 - Les spécimens de comparaison
3.4 - Étude paléontologique des Ruminants des nouvelles fouilles
4 - Biodiversité
4.1 - La faune
4.2 - La flore
4.3 - Indications paléoenvironnementales
4.4 - Conséquences de l'existence de deux niveaux fossilifères à Saint-Vallier

Troisième partie - Taphonomie
5 - Généralité et quantification
5.1 - Rappels de taphonomie
5.2 - La quantification des restes
6 - Répartition spatiale des restes
6.1 - Introduction
6.2 - Localisation des taxons
6.3 - La reconnaissance des éléments du même individu
6.4 - Les pièces en connexion anatomique
6.5 - Résumé du chapitre
7 - Transport des pièces et étude des traces
7.1 - Le transport des fossiles
7.2 - Les traces sur les fossiles
8 - Classes d'âges
8.1 - Les profils de mortalité
8.2 - Les méthodes d'évaluation des âges
8.3 - L'application aux taxons de Saint-Vallier
8.4 - Résumé du chapitre

Quatrième partie - Conclusion
9 - Conclusions paléontologiques et taphonomiques
9.1 - Les Ruminants de Saint-Vallier
9.2 - Genèse du gisement paléontologique de Saint-Vallier
9.3 - L'intervalle temporel entre les deux bancs durcis fossilifères
9.4 - L'absence de traces anthropiques

Références bibliographiques
Liste des figures
Index des termes systématiques cités
Annexes
- Liste des tableaux
- Tableaux
Planches